Les médecines traditionnelles se révèlent pourvoyeuses d’innombrables stratégies thérapeutiques efficaces et parfois ignorées .
A titre d'exemple :
Artemisia annua, une composacée chinoise, serait active contre les formes résistantes
de paludisme , et les Sutherlandia dont notamment S. microphylla, une Fabacée sud-africaine, se montrerait prometteuse pour prévenir la cachexie du patient infecté par le VIH.
Pourtant, les plantes médicinales de nos campagnes - et surtout d’autres régions et dont nous maîtrisons encore moins la pratique -, peuvent se révéler dangereuses lorsqu’elles ne sont pas utilisées de façon adéquate.
Le millepertuis , préconisé pour ses vertus antidépressives interagit par exemple avec divers antirétroviraux ; les
extraits de ginseng potentialisent l’action des antivitamine K et induisent, en association, un risque hémorragique.
Dans les années 1990 des femmes ont été atteintes d'une néphropathie interstitielle grave faisant suite à l’absorption de plantes amaigrissantes communément désignées comme « herbes chinoises", en fait une préparation à base de
Stephania teandra et de
Magnolia officinalis.
L’évolution de la maladie a pu conduire à une insuffisance rénale terminale accompagnée de complications néoplasiques , finalement attribuée à l’acide aristolochique synthétisé par
Aristolochia fangchi, une aristoloche substituée au
Stephania teandra de façon accidentelle puisque les noms chinois des deux plantes sont proches : le
Stephania est nommé en chinois
fangji et les racines de l’aristoloche, appelées
guangfangchi, sont officinales en Chine.
Aucune de ces plantes n’est inscrite à la Pharmacopée française et leur emploi médicinal n’est pas autorisé. De fait, dès 1994, les produits contenant l’une ou l’autre de ces plantes ont été retirés du marché hexagonal, ce qui n’a pas empêché d’autres cas de survenir dont un fatal en août 2000.
L’aristoloche est encore présente dans l’un ou l’autre des innombrables médicaments végétaux chinois achetés en ligne sous le nom de
mu tong, un terme signifiant en chinois toute herbe médicinale.
De nombreuses autres plantes contiennent des principes carcinogènes : ainsi en va-t-il des racines de
la garance Rubia tinctorum et des divers végétaux que leur teneur en anthraquinone dote de propriétés laxatives, par irritation colique, aussi bien que potentiellement cancérigènes.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de Lyon a ainsi publié un imposant inventaire de substances d’origine végétale susceptibles de se révéler particulièrement néfastes pour l’organisme.
La germandrée, une plante médicinale a priori anodine, achetée en Amérique du Nord car interdite en France, illustre également les dangers liés à l’importation de drogues. Effectivement, la germandrée a été retirée du marché hexagonal depuis plusieurs années car, lors de son usage comme adjuvant d’un régime amaigrissant, elle avait occasionné une véritable épidémie d’hépatites dont certains cas avaient imposé une transplantation hépatique.
Plante médicinale de renom,
le séneçon est réputé bénéficier de propriétés antispasmodiques et antalgiques : sa toxicité est cependant établie et il n’est plus guère utilisé de nos jours. Si notre
Senecio vulgaris est bien connu, il en existe d’autres espèces, exotiques, mises notamment à profit en Asie et en Afrique, dont la responsabilité dans la survenue d’une maladie veino-occlusive et d’hépatites toxiques ne laisse guère planer de doute.
La toxicité de ces plantes est directement liée à leur teneur en pyrrolidines - substances qui ne sont présentes qu’en faibles quantités dans notre séneçon commun.